SAINT BENOÎT – GRILLY

Localisation et heures d’ouverture
L’église de Grilly est située au cœur du village, le long de la RD 15 de Sauverny à Divonne-les-Bains.

Saint Benoît
Benoît de Nursie (né vers 480 ou 490 à Nursie (aujourd’hui Norcia en Ombrie/Italie) – mort en 547 ; en latin Benedictus de Nursia), plus connu sous le nom de « saint Benoît » (en latin Sanctus Benedictus de Nursia) pour les catholiques et les orthodoxes, est le fondateur de l’ordre bénédictin et a largement inspiré le monachisme occidental ultérieur. Il est considéré par les catholiques et les orthodoxes comme le patriarche des moines d’Occident, à cause de sa Règle qui a eu un impact majeur sur le monachisme occidental et même sur la civilisation européenne médiévale. Il est vénéré deux fois dans l’année en Occident, le 11 juillet (fête), date anniversaire de la translation de ses reliques à l’abbaye de Fleury, et le 21 mars (mémoire), anniversaire de sa mort, et le 14 mars en Orient. Lorsque le calendrier romain fut fortement transformé par le pape Paul VI dans les années 1970, c’est la date du 11 juillet qui a été retenue. Issu d’une famille noble de Nursie, dans le centre de l’Italie, Benoît passa sa jeunesse à étudier à Rome.
Choqué par la vie dissolue qui s’y menait, il se retira dans une région déserte près de Subiaco et vécut dans une grotte (baptisée plus tard la grotte sainte) pendant trois ans. Durant toute cette époque, sa réputation de saint homme grandit et le peuple en foule accourut pour le voir. Sollicité pour devenir abbé dans un monastère du nord de l’Italie, il accepta.
Mais les moines, en désaccord avec les règles qu’il imposa, tentèrent de l’empoisonner. Benoît quitta la communauté et, peu de temps après, fonda un monastère au mont Cassin. Vers 540, saint Benoît établit, à l’intention des moines de ce monastère, une règle de vie, où il organise la vie monastique d’une façon rigoureuse, tout en laissant place à l’indulgence envers les faiblesses individuelles. Cette règle de vie, la Règle bénédictine, dont l’expansion fut immense, fut reprise et codifiée par saint Benoît d’Aniane. Inspirée de l’Écriture sainte, elle recommande aux moines, qui vivent en communauté dirigée par un abbé, de respecter quatre principes essentiels : modération, gravité, austérité, douceur. La modération (discretio) est présente dans les usages quotidiens de la nourriture, de la boisson et du sommeil; la gravité a pour corollaire le silence; l’austérité implique l’éloignement du monde et le renoncement à la possession; la douceur est bonté, amour évangélique, hospitalité exercée envers les humbles. Astreints à la lecture et au travail manuel, les moines doivent se consacrer au service de Dieu qui culmine dans l’office divin.
L’organisation de la vie cénobitique passe par des tâches régulières et quotidiennes, rythmées par les offices.
Avec la prière, le travail et la lecture deviennent un moyen pour se consacrer au service de Dieu. (source : wikipédia)

Histoire de l’église saint Benoît de Grilly
Les recherches effectuées par M. Henri Buathier et consignées dans son ouvrage
« L’église paroissiale de Grilly au Pays de Gex » (1979) constituent la source d’information la plus complète et les quelques lignes qui suivent en sont très largement inspirées ou extraites. L’histoire de l’église de Grilly peut être résumée en 6 périodes distinctes :

1. Les origines (XII ème siècle) On suppose que la paroisse de Grilly a été créée par les moines de l’abbaye d’Ainay (Lyon), obéissant à la règle de St Benoit, ayant reçu de l’évêque de Genève l’abbaye de St Jean, le 12 février 1107. C’est en 1250 qu’apparaît pour la première fois dans une bulle du pape Innocent IV, la paroisse de Grilly, dépendant de l’abbaye d’Ainay, dans l’archiprêtré du « Haut Gex ».

2. L’église primitive et la chapelle de Jean 1er de Grailly (XIIIème siècle)
L’histoire de Grilly et celle de son église sont intimement liées dans les premiers temps à celle de Jean de Grailly, seigneur de Grilly. Celui-ci fait instituer une chapelle, probablement adossée à l’église, et prévoit les rentes d’un prêtre qui y célèbrera la messe

3. De la « grande peste » à la reconstruction de l’église : XIV-XVIème
De nombreux documents datés du XIVème siècle ont été préservés et permettent de connaître l’état de la paroisse de Grilly durant ce siècle. Nous savons, par exemple, que cette paroisse appartenait au diocèse de Genève. Les pouillés nous indiquent aussi quels furent les curés de Grilly, qui furent les paroissiens.
Cependant, dès le milieu du XIV, les registres ne sont plus aussi bien tenus : la grande peste décime l’Europe. Pendant un siècle, la cure subit ce fléau.

4. L’occupation bernoise, la réforme et la contre-réforme
On peut lire dans l’ouvrage de Henri Buathier : « Janvier 1536, lorsque les Bernois envahissent le Pays de Gex, Jean Collex, curé de Grilly se réfugie à Hauteville-Lompnes (autre seigneurie d’Amblard Bonivard, seigneur de Grilly), car ceux-ci chassent tous les religieux et s’emparent de tous les biens de l’église catholique romaine. »

« Au cours de leurs 28 ans d’occupation, les Bernois administrèrent le Pays de Gex et y introduiront leur religion; à leur départ, ils laisseront la religion à 100% réformée. »

« L’église paroissiale de Grilly devint un temple pour les réformés. Jean Collex, ancien curé de Grilly, n’espérant plus pouvoir revenir de si tôt dans sa paroisse (il est vicaire à Hauteville), charge Claude Sancez le Jeune de Lompnes, son procureur, de vendre (25 juillet et 7 octobre 1553) ce qu’il possède à Grilly. »

« Après le départ des Bernois, en 1564, le duc de Savoie, Emmanuel Philibert, récupère le Pays de Gex mais respecte les clauses du traité de paix qui prévoyait que la religion réformée serait maintenue dans ce pays, garantissant la paix religieuse. »

« En 1576, lors de l’inventaire des feux, on trouve pour la paroisse de Grilly 37 feux solvables et 13 feux pauvres et éteints. Charles Emmanuel avait succédé à son père en 1580.
Neuf ans après la guerre éclate entre Genève et la Savoie; les troupes espagnoles alliées du duc de Savoie envahissent le Pays de Gex qu’elles pillent de fond en comble. »

« La paroisse de Grilly est à feu et à sang, l’église de Grilly, qui, à cette époque, est un temple réformé, sera probablement incendiée, comme toutes les autres maisons et le château du village. »

« Lorsque la paix fut revenue après le rattachement en 1601 du Pays de Gex au Royaume de France, les habitants relèvent les ruines de leurs demeures et l’église est réparée. »

« La contre-réforme soutenue de Paris prend lentement mais surement corps pour aboutir en 1612 à la restitution de l’église paroissiale aux catholiques de Grilly qui, à cette époque, sont encore très peu nombreux. Les réformés protestent et se réfèrent à l’Edit de Nantes, demandent des subsides et le remboursement des sommes dépensées pour la remise en état de l’église, d’autant plus qu’ils s’étaient endettés pour construire un temple à Grilly. »

« Il faut attendre 1616 pour voir à nouveau un prêtre dans la paroisse de Grilly: M. Claude Jacquin occupera la cure pendant quatre ans et décédera en 1622. »

« Le retour du culte catholique ne se passe pas facilement. Les prêtres sont au milieu d’une population hostile et n’ayant que peu de paroissiens : ils en sont réduits à la portion congrue. A cette époque, nombreux sont les curés qui changent de paroisse dans le Pays de Gex, en espérant trouver mieux.»

« Vers 1750 on ne compte plus un seul réformé à Grilly, malgré les accords de 1715 et 1749 entre Genève et la France. Tout « communier » doit aller à la messe, c’est pourquoi pendant longtemps dans le Pays de Gex en parlant d’aller le dimanche à l’église on disait aller à la « contrainte ». »

« En 1774, le curé de Grilly, François Regard, ayant pris possession de la cure de Grilly, un 10 mai, s’aperçut que les bâtiments, l’église et le clocher étaient en très mauvais état surtout l’église et le clocher dont un des angles s’est jeté et est entrouvert de façon qu’on n’ose pas sonner les cloches, quoique petites, de crainte de le faire tomber; que le sous pieds et le plancher supérieur de l’église sont en mauvais état ainsi que le confessionnal; que de mauvais pieux de bois font une partie de la clôture du cimetière ce qui est incapable d’empêcher le bétail d’y entrer et qu’il conviendrait d’y faire un mur. Le « scriptiant » dit qu’il a invité les syndics à faire les réparations mais qu’ils ne se mettent pas en devoir d’y satisfaire ».

5. De la révolution française à 1980 (quelques extraits du livre de Henri Buathier) :
« 1789 à Grilly, les idées de la Révolution s’infiltrent peu à peu, les opposants à l’ancien système sortent de l’ombre pour prendre en mains la commune, mais tout est encore en place (…) la révolution commence à se durcir.
L’an 2 de la république marque le début des grandes actions contre la noblesse et l’église. »

« A la suite de la loi du 1er février 1793 sur les biens des émigrés, les possessions de la seigneurie de Grilly (…) sont saisies et inventoriées le 3 avril 1793 ; il en sera de même pour les biens de la cure et de l’église de Grilly qui seront confisqués le 10 décembre 1793. »

« Pour les instruments du culte, la redoutable équipe de la Révolution à Grilly n’est pas tendre : « Citoyens administrateurs, la municipalité vous fait passer l’argenterie de son église, ces hochets de la superstition et imaginé par l’orgueil et l’ambition…  » peut-on lire à Grilly le 10 décembre 1793 »

« La révolution à Grilly prend sa vitesse de croisière, la tour du château échappe à la démolition mais la flèche du clocher est rasée: « par arrêté du représentant du peuple… Les matériaux sont vendus au profit du gouvernement… » »

« La révolution se transforme, Bonaparte entre en scène… 1801 le pape Pie VII vient de signer le concordat avec Naploéon 1er , l’église est rattachée à l’état. »

« Le 13 octobre 1803, le conseil municipal de Grilly, au sein duquel se trouvent encore quelques anciens de la révolution, décide de:
– Payer et augmenter le traitement du desservant de la paroisse
– Aménager le presbytère
– Acheter et entretenir tous les objets nécessaires au service du culte – Réparer l’église. »

« En 1809, on répare le clocher de l’église et on accueille le nouveau curé, Jean-Pierre Begoënd, prêtre du diocèse de Chambéry et de Genève. »

« Le 6 mai 1818 on fait un nouvel inventaire pour estimer les réparations à faire dans l’église, la situation est lamentable. En plus, l’église n’a toujours pas de sacristie, on cherche une solution pour en créer une. Un nouveau devis estimatif est rédigé, il est présenté le 6 juin 1819 par M. Poncet, maire de Grilly, à son conseil. Monsieur le maire expose: « que son édifice soit entretenu décemment et avec propreté pour répondre à la vénération qu’inspirent les cérémonies religieuses… »
Les conseillers sont convaincus de la nécessité de faire les réparations. »

« Enfin, le 28 décembre 1829, Jean Pierre Bernard, le nouveau maire de Grilly, après avoir avec le conseil étudié les plans et devis de Monsieur Mandrillon, maître charpentier de Gex, lance sa soumission et après enchères, les travaux de reconstruction du clocher sont adjugés à J.L. Gros pour le prix de 1770.- fr. »

« Le clocher est reconstruit à neuf mais l’église, malgré les quelques replâtrages, menace ruine; après étude des travaux, les plans et les devis sont faits le 8 mars 1835; la somme estimée est de 3470.- fr. mais la commune est encore endettée à cause du clocher et comme elle n’a reçu que peu de secours du gouvernement, ces derniers travaux sont différés. »

« L’église s’avère être un vrai gouffre pour la commune; le 14 novembre 1858 on constate que la charpente menace ruine. M. Pinier, curé de Grilly, propose de faire les plans, les devis et de suivre les travaux gratuitement. Le coût estimé des réparations s’élève à 6300.-. On laisse un peu traîner, puis le 13 mai 1860, il est décidé de prévoir un impôt extraordinaire de 500.- pendant les années 1861, 1862, 1863 et 1864. Le reste de la somme étant offert en argent ou en matériaux par les fidèles de la paroisse de Grilly. »

« M. Bernard, le maire de Grilly, indique le 10 novembre 1860 que les travaux sont en cours d’exécution. C’est à l’occasion de ces transformations que la nouvelle entrée fut créée dans la façade Est de l’église, le chœur placé sous le clocher et la construction d’une sacristie entreprise. »

« La cloche étant fêlée, on doit la remplacer, le métal de l’ancienne sera utilisé pour une partie de la nouvelle qui sera plus grosse. Le prix est de 669.- fr. et elle sera coulée à Lyon dans la fonderie de cloches par le sieur Burdin, le fils aîné. »

« Jean Pierre Bernard, ancien maire de Grilly, décide de faire don d’une horloge publique à la commune, à charge de celle-ci de l’installer où bon lui plaira mais aux frais de cette dernière. Le conseil municipal accepte l’horloge mais ne veut pas supporter les frais de son installation, seulement en assurer l’entretien. »

« Après délibération le 26 novembre 1876, Monsieur le maire de Grilly, Louis Amédée Courtois et les conseillers décident que l’horloge pourra être placée dans la partie exhaussée du clocher. Le 6 mai 1877 l’horloge est en place et le conseil municipal en prend possession et la déclare publique. » Le mécanisme de cette horloge, fabriquée à Paris tandis que la plupart des horloges du Pays de Gex venaient du Jura voisin, est exposé depuis juin 2011 à la mairie et il a été remplacé par un système électrique, avec la collaboration d’un passionné d’horlogerie, M. Jacques de Vialet, « l’horlogeur » de Grilly installé dans l’ancienne mairie. « Après la grande réparation de l’église, M. Gaston Coral, maire de Grilly, donne lecture, le 7 juillet 1889, d’une délibération du conseil de la Fabrique par laquelle cette assemblée demande au conseil municipal l’autorisation de faire des transformations à l’intérieur de l’église; M. de Jotemps et Monsieur le curé s’engagent à payer eux-mêmes le montant de la dépense. »

6. Les travaux de rénovation : de 1980 à aujourd’hui.
Tout au long du XXème siècle, des rénovations successives ont été assurées par la municipalité de Grilly. Récemment, aux débuts des années 80, grâce à l’intervention personnelle d’habitants de la paroisse de Grilly et sous l’impulsion l’abbé George Guiffray, curé de Grilly et résidant à Cessy, l’intérieur a été rajeuni, en particulier le Maître Autel construit par M. Gaston Mossière, ancien membre du conseil municipal.
C’est à l’occasion de ces dernières rénovations, en décembre 1982, que l’on découvrit une ancienne porte en arc brisé qui encadre aujourd’hui la porte d’entrée vers la sacristie. Elle provient probablement d’une ancienne chapelle du XIVème siècle.

Remerciements :
On ne peut que recommander aux passionnés d’histoire, comme aux amoureux de l’église de Grilly, de se plonger dans la lecture de l’ouvrage de Henri Buathier qu’il convient ici de remercier chaleureusement pour avoir mis ses archives à la disposition du Groupement Paroissial de Cessy et qui en a autorisé l’utilisation et la publication sur ce site.